dimanche 23 novembre 2008

Sing a Song : Episode 7

Voici pour une fois dans votre Sing A Song, une chanson douce et authentique (si tant est hardcore la rockeuse de diamant ramenant Catherine Lara au statut d'anarchiste....). Enfin je veux dire par là une chanson qui transporte un message ou qui transmet une émotion. En plus celle-ci est teintée d'accent nostalgique qui me touche au plus haut point. Patrick Bruel a réussi un coup de maitre avec "Le Café des Délices". On dirait que cette chanson raconte un peu ma vie, je veux dire sans aucune prétention que c'est une chanson qui me ressemble. Ca raconte donc l'histoire d'un jeune garçonnet (Patrick-Moi) qui quitte son pays natal (la Tunisie pour lui - l'Algérie pour moi) et qui laisse derrière lui des tas de souvenirs ... des bribes de passé qui lui reviennent à l'aube de sa mort (ou au crépuscule de sa vie....), yalil étant un appel à la nuit. Ce sont des bribes mais pourtant des souvenirs si tranchant qu'ils marquent une existence et qu'ils sont frappant de limpidité comme le premier baiser échangé sur port El Kantaoui. Et puis cette phrase émouvante de part ses similtudes à ma vie, " le vent de l'évantail de ton grand-père assis et l'odeur du jasmin qu'il tenait dans ses mains au Café des Délices... " Je revois encore mon grand-père tout arcbouté, les articulations plus tout à fait solides pour le soutenir, lui ce gaillard qui combattu auprès du colon pour délivrer un pays qu'il ne connu jamais, fatigué de la longue marche qui le mène jusqu'au square du Monument pour le rapprocher de ses congénères tout aussi épuisés et qui l'éloigne petit à petit du monde des vivants.... Je revois mon grand-père me ramenant de la plage l'oeil pétillant de voir son petit fils plein de vie et d'avenir, regrettant de le voir partir vers un monde nouveau et par conséquant inconnu; je nous revois montant les escaliers, ma jeunesse essayant de compenser sa faiblesse, guidés par des murs blanchis à la chaux desquels naissent et tombent des hibiscus d'un rouge flamboyant d'éclat, mon grand-père  cueillant ça et là des boutures de jasmin ou encore de chèvre-feuille qu'il se précipitait de me coincer à l'oreille après avoir pris le soin de me faire humer la senteur forte et douce à la fois. Aujourd'hui encore ces souvenirs me rappellent à ma vie passée quand je retourne "là-bas". Il m'arrive parfois au décours d'une ruelle d'où emerge une bonne odeur de poisson grillé ou encore pensif, étourdi par le chant des cigales, sous l'ombre bienveillante d'un eucalyptus encore plus vieux que mon grand-père de me replonger dans cette époque bénite qu'on a regretté et qu'on regrette toujours de quitter... 

" Tes souvenirs se voilent à l'avant du bateau et ce quai qui s'éloigne vers un monde nouveau. Une vie qui s'arrête pour un jour qui commence c'est peut-être une chance"





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