dimanche 8 mars 2009

Sing a Song : Episode 21

Personne n'y aura échappé, aujourd'hui c'était la journée de la femme. La femme a toujours était l'égale de l'homme-dans les dires... Tout le monde s'accorde à dire qu'elle est en tout point la symétrie de l'homme (l'anatomie mise à part...). La réalité est tout autre. De partout dans le monde, quels que soient les religions, les croyances, les cultures et les époques, les femmes ont été et sont encore opprimées que ce soit au travail, dans la société ou même dans leur propre famille.
On voit ça et là des histoires de femmes (ou plutôt de jeunes filles) marièes de force la puberté à peine débutée. Autrefois on leur interdisait une sexualité et celles qui couchait avant le mariage était répudiée. Et je ne vous parlent pas d'une époque lointaine ou d'un pays d'Afrique: je vous conseille de voir le fabuleux " The Magdaleine Sisters " et vous comprendrez.
La femme est dans certains milieux utilisée comme objet sexuel ou bien de travail parfois les deux. Dans nos sociétés modernes elle gagne moins que l'homme pour un travail identique. Et vous trouvez ça normal?
Pourtant sans les femmes nous ne serions pas là. C'est dans leurs entrailles que tout commence... Elles étaient là pour remplacer l'homme pendant la guerre, elles font que cette Terre n'implose pas si elle était dirigée par le seul homme. Elle en devient la conscience apaisante et la mesure.
Vous trouvez ce discours un brin féministe mais pour des raisons personnelles je doit aux anciennes féministes post soixantuitardes une fière chandelle. Alors rendons à Cléopâtre ce qui appartient à Cléopâtre et faisons leurs hommage.
J'ai choisi une superbe chanson malheureusement sans véritable clip vidéo amis dont les paroles font écho dans ma tête et résonne comme un appel au monde et à la Paix. Le cri d'une femme qui se bat pour son pays et qui dit aux tyrans qu'elle ne se laissera pas faire.
C'est signé Idir, chanteur kabyle algérien qui berça mon enfance avec A Vava Inouva, et Manu Chao, chanteur au coeur sur la main qui aime l'être sans l'avoiret que je felicite d'avoir chanté en arabe... C'est plus un texte "slamé" (c'est à la mode) qu'une chanson chantée. C'est Messaoudi Khalida, feministe qui ne s'est pas laissée mourrir par les extremistes algériens, qui prete sa voix pour ce texte aux lourds accents de révolte et de combat. On pourrait presque en faire un hymne nationnal... si la moitié du texte n'était pas en kabyle, langue que ne comprends pas la majorité des algériens arabes!

A tulawin, une algérienne debout
Je suis, la prisonnière de l'infamie codifiée
Je suis le corps, par leurs viols, dévasté
Je suis l'Etre, par leurs haines, pourchassé
Je suis l'âme, par leurs horreurs, torturée

ghas d rrmel yergh d adfel yessan
D azru yehfan ttin ay t tamurt-iw
Mazal t beddedd, ur t ghellid ara
Ssefdd imettawen-im a tamurt-iw

Même si c'est du sable chaud ou
de la neige cassante, c'est mon pays.
Tu es encore debout tu n'es jamais tombée
Sèche tes larmes, c'est bientôt fini...

Je suis le coeur, par leur barbarie, saigné
Mais je suis le courage des combats retrouvés
Béante est ma blessure
J'ai mal à mes enfants décapités
À Louness, à Tahar, Ã Aloula assassinés

A tulawin, a tihninin
Ssut tirugza a timazighin
A tulawin, ittijen yefsin
Tufrar tagut afus tighratin.

Femmes douces, femmes éternelles
Courageuses, libres!
Femmes-soleil, femmes-lumière
C'est bientôt fini...

J'ai mal à ma terre souillée, par ces violeurs d'innocence
Ces faux dévots, ces imams instructeurs
Prêcheurs d'une haine venue de l'enfer
Aveugles de la vie, ils ignorent que souffrir n'est pas plier
Que subir n'est pas abdiquer ... ABDIQUEZ !

A tamurt imazighen
D imezwura ay t izedghen
Wer t tnuzu wer t rehhen
Wer t ttawin yaadawen.

Pays des hommes libres
Berceau des Imazighen
Tu n'es ni à vendre
Ni à louer!

Pourtant de Diha à Fathma, de Hassiba à Katia
entendez notre message:
Timazighines, femmes libres! Algériennes debout!
De nos larmes nous arroserons la mémoire,
de nos souffrances nous tresserons l'espoir,
le ciel n'en sera que plus clair
notre printemps n'en sera que plus beau
et l'Algérie éternelle n'en sera que plus fière.



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