samedi 28 août 2010

Pakistan: Catastrophe humanitaire ou catastrophe de l'humanitaire?

Par reporter sans frontières
le 18/08/2010 à 00:24, vu 732 fois, 0



Les chiffres sont là. Effarants, accablants, consternants. 20 millions de personnes touchées,en danger de mort, un pays noyé sous les eaux, et si peu de mobilisation internationale.

En France, quelques dizaines de milliers d'euros réunis péniblement par la Croix-Rouge, et les ONG. Un malheureux avion envoyé au bout de trois semaines par le gouvernement français.

Triste bilan aux raisons lamentables. Quand le Tsunami touche de "bons occidentaux", que des images de la catastrophe se déversent sur les écrans du monde entier,que les présentateurs de JT appellent à donner tous les soirs, Les dons affluent au point que les caisses de certaines organisations disposent encore d'un "trésor de guerre" spécial Tsunami.

Mais quand c'est le Pakistan, c'est une autre affaire: Sinistre "Revival" d'ailleurs pour un pays qui en 1986, avait connu un effroyable tremblement de terre, ayant fait plus de 80 000 victimes. Déja le pays s"était heurté à un manque similaire de mobilisation internationale. Je me souviens avoir visité dans les montagnes du Cachemire, une semaine, après que la catastrophe soit survenue, des villages qui n'avaient pas reçu le moindre aide. Des villages ou journalistes parvenaient avant humanitaires, ou les survivants cotoyaient les morts dans le plus total dénouement. Au retour d'Islamabad, j'avais alors interviewé un homme, éléctron libre, grande figure de l'humanitaire, spécialiste assumé de l'indispensable tapage médiatique dont il revendiquait l'utilité et inventeur du concept du "droit d'ingéreence. Bernard Kouchner avait alors trouvé les mots d'une sincère colère pour fustiger avec vigeur l'inaction occidentale de l'époque.

Seulement voila, le Pakistan n'a pas bonne presse. Le Pakistan est associé à l'image du terrorisme jihadique. Les services secrets du Pakistan (ISII), ont crée de toutes pièces les talibans afghans. Ils sont infliltrès par des islamistes, et plusieurs enquètes ont démontré des liens entre des organisations pakistanaises et des cellules terroristes ayant frappé de Londres à Mumbai, jusqu'à Kaboul. Le Pakistan fut le pays ou l'on assista à la première effroyable décapitation d'un otage occidental: Le journaliste Daniel Pearl. La vallée de Swatt est une des zones (les plus touchées par les innondations) qui, échappant au contrôle gouvernemental, acceuille en son sein le noyeau dur d'al qaida. Ben Laden, selon les derniers renseignements vit retranché à la frontière pakistano-afghane...

Alors? Alors cela refreine quelques peu les ardeurs occidentales à donner, et à envoyer sur place toutes équipes dotées du matériel nécessaire. Comme si les villageois, les vieux, les gosses méritaient de crever, puisqu'ils n'ont pas le bon passeport, ni la bonne religion. L'amalgame est vite fait. Le Pakistan laisse dubitatifs et inactifs les donnateurs du Tsunami. Les conséquences sont là. Le pays fait nauffrage.e

Par ailleurs, comme à l'habitude, les Organisations gouverne mentales ou non, dont la vocation est d'agir dans dez zones dangereuses, quelles qu'elles soeint; sont tristement fidèles à leurs réputations. Evaluation des risques, éternelle ritournelle du on y va, on y va pas? planification qui dévore les moyens dévolus à l'action d'aide d'urgence, ou dans la durée. La vocation initiale de ces organisations semble parfois bien oubliée. Et là, l'on pourrait comprendre, ceux qui répugnent à donner pour financer l'achat de beaux 4X4 sur le terrain, ou la construction de "compounds" sécurisés par des équipes privées à qui il faut verser éspèces sonnantes et trébuchantes...

Mais la la frilosité de l'occident, dénonçée vigoureusement par le premier ministre britannique, n'est pas forcément un bon calcul. Car de ce vide humanitaire, profitent sur le terrain des organisations dont on sait qu'elles sont clairement et ouvertement affilié au courrrant d'esprit ou d'action islamiste. Quel meilleur moyen de faire de nouvelles recrues que de venir en aide, drapeau vert en poupe aux populations en souffrance, abandonnées de tous?

L'on n'a apparement rien retiré des leçons du passé. C'est sous couvert d'une organisation aritative et charitable, apportant du pain à ceux qui avaient faim, créant des dispensaires pour les malades, des écoles pour les gosses, qu'un certain mouvement baptisé "Hamas", était né à Gaza. A l'époque, le gouvernement israélien y voyait d'un bon oeil le moyen de contrer le "Fatah" d' un certain Yasser Arafat. Aujourd'hui, chacun de nous sait ce qu'est devenu le Hamas. Dont la prise de pouvoir empeche tout processus de paix viable de reprendre au Proche-Orient.

Mais rien n'y fait. La tragédie pakistanaise, nécessiterait une mobilisation d'ampleur extraordinaire, et sans délai. Qui se fait attendre et ne viendra sans doute jamais. Le Pakistan aujourd'hui est la démonstration implacable de ce que l'humanitaire tout entier est en situation de catastrophe.

Frédéric Helbert.


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