

« La danse est une cage où l’on apprend l’oiseau. » Claude Nougaro
C’est un film passionné, passionnant et fou. Un film parfait, n’hésitons pas à le dire, sur la passion folle de la perfection. C’est un film d’un romantisme sublime avec comme trame l'un des ballets les plus chorégraphiés et les plus représentés depuis la fin du xixe siècle : Le Lac des cygnes, dansé par les plus grands, de Serge Lifar à Rudolf Noureev en passant par Balanchine et Barychnikov. Un film réalisé par un cinéaste d’une inventivité folle, Darren Aronofsky (Pi, Requiem for a dream, The Wrestler), interprété par des acteurs en état de grâce, un film que l'on attendait comme le loup blanc avec l’appréhension de la déception possible face à tant d’espoir… Mais non : zéro déception, enthousiasme utopien unanime.
Bienvenue pour une plongée hallucinante et hallucinée dans les coulisses de la création d’une nouvelle version du Lac des cygnes, le merveilleux ballet dont la musique fut créée par Tchaïkovski. À la direction – sans partage – l’autoritaire et manipulateur Thomas Leroy (impeccable Vincent Cassel en salaud mégalomane) qui dirige ses ballerines comme une volée d’oiseaux savants. Dans ses filets, les danseuses sont en effervescence, car le maître a décidé de manière unilatérale et cruelle que la danseuse étoile qui incarnait le double rôle du cygne blanc et du cygne noir, Beth McIntyre (Winona Ryder parfaite mais relativement méconnaissable en étoile brisée), devait être remplacée. Trop vieille ? En disgrâce dans le cœur d’un chorégraphe avec qui on soupçonne que la relation n’était pas qu’artistique ? On ne le saura pas. La seule question est : qui sera la nouvelle Reine des cygnes ?
La pourtant fragile et timide Nina Sayers sera l’élue. Nina Sayers, c’est l’archétype de la danseuse dont toute la vie n’est consacrée qu’à une unique passion, un seul but : la perfection au bout des pointes. Elle vit en dehors du théâtre cloitrée chez sa mère, ancienne danseuse possessive (Barbara Hershey) qui projette tous ses rêves inachevés sur sa fille. Rien pour la détourner de son destin pressenti de danseuse étoile. Bien qu’elle soit déjà dans la fleur de l’âge et d’une beauté renversante, pas de vie amoureuse ni sexuelle ne semble entraver sa difficile quête. Car l’accession au trône de la Reine des cygnes n’est pas un chemin semé de roses : si Nina, qui est a priori la pureté et l’innocence même, n’aura aucun problème pour incarner le cygne blanc, où trouvera-t-elle la noirceur et la sensualité sulfureuse pour incarner également le cygne noir, son double maléfique ? C’est le défi que lui lance le machiavélique chorégraphe, qui veut qu’elle aille chercher au fond d’elle-même cette méchanceté, cet appétit sexuel qu’elle croit ne pas avoir. D’autant que tapie en coulisses, il y a la troublante Lily, toujours à l’aise, à la limite de l’impudeur, qui semble n’afficher aucun complexe et se pose en rivale potentielle.
Et le travail de Nina, déjà éreintant physiquement dans son obsession de la perfection du geste, devient un combat contre elle-même pour faire sortir ses démons biens enfouis, un combat qui la conduit aux confins de la folie.
C'est une fabuleuse alchimie qui se créée pour décrire la passion à la fois exaltante et destructrice que va vivre Nina. Une alchimie qui réside dans le jeu incroyable de Natalie Portman et dans la réalisation novatrice et audacieuse d'Aronofsky. Natalie Portman s’est investie corps et âme dans le rôle (dix mois d'entraînement pour retrouver les gestes et les attitudes de la danse classique, si bien qu'elle interprète elle-même la presque totalité des scènes de danse et qu'elle s'est blessée plusieurs fois) pour incarner à la perfection la métamorphose de Nina, explosant sa chrysalide de petite ballerine discrète pour devenir une furie prête à tout pour garder sa place de reine du ballet. Quant à la mise en scène virtuose et habitée d'Aronofsky, elle suit au plus près ses personnages en pleine effervescence dans les coulisses du théâtre, elle ose les effets spéciaux propres au cinéma d’angoisse pour montrer visuellement la folie dans laquelle sombre Nina, quand elle croit voir son double la croiser ou quand elle voit apparaitre sur son corps des cicatrices qu’elle croit être les stigmates de sa transformation en cygne. Le résultat est magnifique, infiniment troublant, sensuel, flippant juste ce qu'il faut. Black swan vous happe, vous transporte, dès la première minute et jusqu'à la dernière, jusqu'à un final d'une beauté à couper le souffle.
jeudi 27 janvier 2011
Black Swan
mercredi 26 janvier 2011
dimanche 16 janvier 2011
dimanche 9 janvier 2011
Histoires comme ça - Just so stories par Rudyard Kipling
Je viens de prendre une claque qui m'a ramené 26 ans en arrière. Histoires comme ce sont des histoires qui expliquent aux enfants comment un animal a obtenu sa particularité singulière ; comment l'enfant éléphant a eu sa trompe, comment le rhinocéros a obtenu sa peau rugueuse, comment le chameau a obtenu ses 2 bosses, comment le léopard a acquis ses tâches ou encore d'où vient le souffle de la baleine..... J'adore tout simplement. C'était sur Croque Vacances à l'époque et j'attendais patiemment que 16h vienne pour que la mire de TF1 fasse place à la speakrine qui annonce avec une joie à peine dissimulée le début de l'émission enfantine... Ce sont de vraies histoires et c'est arrivé comme ça....
Florilèges d'hitoires prises sur You Tube
samedi 8 janvier 2011
Sen Benim de Cem Adrian



Des fois je m'étonne moi même; je tombe sur des perles échouées sur la plage de mon ordi... Que dis-je une perle un collier entier au cou d'une sirène au corps d'homme...
Cem Adrian (je devine que c'est son nom) m'a chamboulé aujourd'hui. Il chante en turc et forcement on n'y comprends rien si on ne parle pas le turc mais on sent une certaine souffrance noire comme si le glas était en train de sonner, comme un animal en train de mourrir après une longue bataille toute une nuit d'hiver, le corps se refroidissant dans une lente agonie au terme de laquelle l'issue finale ne peut être que fatale...
Bouleversé je suis surtout par mon actualité récente avec la communauté turque.
mercredi 5 janvier 2011
Les 2 films à voir absolument
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LES EMOTIFS ANONYMES : BANDE-ANNONCE HD
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Le bonheur.... quelquepart
J’aimerais détester les films de Sofia Coppola mais je n’y arrive pas. Elle m’énerve Sofia. Elle pourrait quand même se contenter d’être gentiment la fille de qui on sait ou alors la sœur de son producteur de frère ou même d’être simplement jolie et ben non, faut qu’elle fasse des films. C’était à prévoir me diriez-vous, c’est même chose courante de nos jours « les enfants de » qui s’y mettent, et en plus pour Sofia ce n’est pas son premier film. Bon d’accord mais elle pourrait au moins faire un nouveau film un peu décevant, cela me ferait plaisir. Et ben non, elle continue à faire des super films. Des films qui se ressemblent étrangement, des films qui lui ressemblent, singuliers et délicats.
Le premier plan est un plan fixe, une séquence assez longue cadrée sur une portion déserte d’un circuit automobile. Une voiture fait des tours sur ce circuit, le son de la voiture de course est continu alors que la voiture apparaît puis passe hors-cadre, réapparaît, disparaît et ainsi de suite jusqu’à ce que la voiture s’arrête et qu’un homme sorte, claque la portière d’une Ferrari noire. Et c’est tout, fin de la séquence. On retrouve cette homme qui tourne en rond dans les rues de L.A, dans la chambre de l’hôtel où il vit, dans des fêtes, il tourne en rond avec des femmes qui se ressemblent et dont il ne se souvient même plus du prénom. Il boit, prend des cachets, se casse un bras, il s’ennuie.
Jusqu’ici on se dit bon ça va il y a pire comme plan galère que d’être beau, riche et célèbre… et puis arrive Cléo, sa fille. Elle a douze ou treize ans, ce n’est plus une petite fille et pas encore une femme. Au départ ils doivent simplement passer une journée ensemble, il l’accompagne à sa leçon de patinage artistique. Et puis finalement ils vont devoir rester tous les deux quelques jours et c’est là que la grâce opère. C’est subtil et cela tient sur un fil. Ça se passe au fond d’un canapé après une journée sur la route quand la tête de Cléo se pose sur l’épaule de son père, c’est une partie de ping-pong dans un jardin, c’est une glace à la vanille au milieu de la nuit, c’est le regard du père quand elle se baigne dans la piscine et qu’elle essaie de traverser en apnée, c’est la tendresse infinie quand un matin elle prépare le petit-déjeuner et qu’elle cisèle de la ciboulette sur les œufs aux plats.
Somewhere c’est l’histoire d’un père et d’une fille, deux solitudes perdues qui se retrouvent, quelque part. Somewhere Over The Rainbow ? C’est à vous de voir.
SOMEWHERE : BANDE-ANNONCE VOST HD de Sofia Coppola
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