J’aimerais détester les films de Sofia Coppola mais je n’y arrive pas. Elle m’énerve Sofia. Elle pourrait quand même se contenter d’être gentiment la fille de qui on sait ou alors la sœur de son producteur de frère ou même d’être simplement jolie et ben non, faut qu’elle fasse des films. C’était à prévoir me diriez-vous, c’est même chose courante de nos jours « les enfants de » qui s’y mettent, et en plus pour Sofia ce n’est pas son premier film. Bon d’accord mais elle pourrait au moins faire un nouveau film un peu décevant, cela me ferait plaisir. Et ben non, elle continue à faire des super films. Des films qui se ressemblent étrangement, des films qui lui ressemblent, singuliers et délicats.
Le premier plan est un plan fixe, une séquence assez longue cadrée sur une portion déserte d’un circuit automobile. Une voiture fait des tours sur ce circuit, le son de la voiture de course est continu alors que la voiture apparaît puis passe hors-cadre, réapparaît, disparaît et ainsi de suite jusqu’à ce que la voiture s’arrête et qu’un homme sorte, claque la portière d’une Ferrari noire. Et c’est tout, fin de la séquence. On retrouve cette homme qui tourne en rond dans les rues de L.A, dans la chambre de l’hôtel où il vit, dans des fêtes, il tourne en rond avec des femmes qui se ressemblent et dont il ne se souvient même plus du prénom. Il boit, prend des cachets, se casse un bras, il s’ennuie.
Jusqu’ici on se dit bon ça va il y a pire comme plan galère que d’être beau, riche et célèbre… et puis arrive Cléo, sa fille. Elle a douze ou treize ans, ce n’est plus une petite fille et pas encore une femme. Au départ ils doivent simplement passer une journée ensemble, il l’accompagne à sa leçon de patinage artistique. Et puis finalement ils vont devoir rester tous les deux quelques jours et c’est là que la grâce opère. C’est subtil et cela tient sur un fil. Ça se passe au fond d’un canapé après une journée sur la route quand la tête de Cléo se pose sur l’épaule de son père, c’est une partie de ping-pong dans un jardin, c’est une glace à la vanille au milieu de la nuit, c’est le regard du père quand elle se baigne dans la piscine et qu’elle essaie de traverser en apnée, c’est la tendresse infinie quand un matin elle prépare le petit-déjeuner et qu’elle cisèle de la ciboulette sur les œufs aux plats.
Somewhere c’est l’histoire d’un père et d’une fille, deux solitudes perdues qui se retrouvent, quelque part. Somewhere Over The Rainbow ? C’est à vous de voir.
SOMEWHERE : BANDE-ANNONCE VOST HD de Sofia Coppola
envoyé par baryla. - Regardez des web séries et des films.
mercredi 5 janvier 2011
Le bonheur.... quelquepart
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